Deuxième opération d’archéologie expérimentale autour des verres des vitraux à Boisse (Dordogne), atelier Allain Guillot, MOF, du 6 au 10 juin 2022
Dans les vitraux de la fin du Moyen Âge jusqu’au milieu du XVIe siècle, dans la rose de la Sainte-Chapelle comme dans les chapelles du chœur de la cathédrale Sainte-Marie d’Auch, des verres clairs à filets colorés ou tachetés de marbrures le plus souvent rouges ont attiré l’attention des historiens de l’art depuis des décennies. Ces verres ont souvent été associés à une fabrication vénitienne. Il n’en est rien, comme le prouvent les analyses chimiques récentes.

Pour bien comprendre les méthodes de fabrication de ces verres en l’absence de toute mention dans les traités anciens et contemporains, il a été entrepris, en partenariat entre les chercheurs spécialistes du vitrail du Centre André Chastel et les ingénieurs du Pôle scientifique vitrail du Laboratoire de recherche des Monuments historiques, de restituer les techniques de fabrication de ces verres spéciaux, dans le but d’en mieux apprécier les modalités et l’usage. Allain Guillot, souffleur de verre à Boisse (Dordogne), Meilleur ouvrier de France, familier de ce type d’approche, a tenté de retrouver les techniques anciennes suivant les références communiquées par les historiens de l’art.

Une première campagne menée en juin 2021 a donné des résultats encourageants, rapidement publiés (Michel Hérold, Claudine Loisel, Adèle Rellier, Barbara Trichereau, Allain Guillot,«De la verrerie au vitrail. À propos des verres dits « vénitiens » de la rose de la Sainte-Chapelle », Revue de l’art, n°214, 2021-4, p. 54-69).

Une seconde campagne a eu lieu dans les mêmes conditions du 6 au 10 juin 2022. Plusieurs objectifs ont été visés lors de cette semaine d’échanges et d’expérimentation grandeur nature.
Le premier a consisté à affiner et à diversifier les méthodes de soufflage des verres à filets colorés et aspergés, de façon à produire des échantillons les plus proches possibles des verres des XVe et XVIe siècles, ce qui désormais semble acquis.

Le second objectif a pris en considération les verres « marbrés » eux aussi relevés dans les plus précieux vitraux de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance, à Troyes, à Auch par exemple.
A également été engagée une recherche autour des modes de fabrication des verres rouges dits « fouettés », caractéristiques des vitraux des XIIe et XIIIe siècle. Les premiers essais ici réalisés méritent encore d’être affinés.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Elisabeth Pillet (7 juillet 2022). Verres spéciaux. Corpus vitrearum – France. Consulté le 14 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/nfv0