Parmi les vitraux du département des Objets d’art du musée du Louvre conservés en réserve1, un ovale armorié daté de 1763, précieux maillon de l’histoire d’un art alors en voie d’extinction, porte la signature de Jean Le Vieil (fig. 1). Les armoiries, aujourd’hui identifiées, permettent d’envisager la destination primitive d’une telle œuvre, qu’il convient d’abord de situer dans la production de son auteur.
par Marie Savoldelli, doctorante à l’Université d’Artois et Michel Hérold,conservateur général honoraire du patrimoine, président du Comité français du Corpus vitrearum
Texte du poster présenté au XXXIe colloque international du Corpus vitrearum, 15-19 juillet 2024, Erfurt (Allemagne), Sichtbarkeit-Formen des Sehens und Strategien der Sichtbarmachung-Manières de voir et stratégies de visualisation.
Le plomb dans l’art du vitrail tient un rôle essentiel, à la fois structurel et graphique. C’est grâce au contraste créé par la baguette de plomb, sombre et opaque, dans laquelle sont enchâssés des verres colorés, transparents et clairs, que le dessin apparaît en lumière transmise.
Les vitraux romans de la cathédrale de Chartres appartiennent à la façade occidentale de l’église1. Célèbre en raison de son Arbre de Jessé, ce triplet présente également un cycle très développé de l’Enfance du Christ, clôt par une Entrée à Jérusalem, ainsi qu’une lancette dédiée à la Passion, s’ouvrant par la Transfiguration. Ces trois verrières surmontent le Portail royal, avec qui elles forment un ensemble homogène tant chronologiquement que par l’iconographie, une sorte de folio qu’il faut lire recto-verso.
Cette communication résume certains aspects d’une thèse d’École des chartes intitulée De Jessé aux pèlerins d’Emmaüs, de l’Incarnation à la Réincarnation : le programme iconographique des vitraux romans de la cathédrale de Chartres, soutenue le 31 mai 2024. [↩]
par Karine Boulanger, ingénieur de recherche au Centre André Chastel
Texte du poster présenté au XXXIe colloque international du Corpus vitrearum, 15-19 juillet 2024, Erfurt (Allemagne), Sichtbarkeit-Formen des Sehens und Strategien der Sichtbarmachung-Manières de voir et stratégies de visualisation.
La dépose des verrières de la chapelle de la Vierge de la cathédrale du Mans (Sarthe) pour leur restauration a montré le recours à une technique rare, celle que Théophile appelle, dans sa Schedula diversarum artium (chapitre XXVIII), «la pose de gemmes sur le verre peint». Il s’agit de coller à la grisaille de petites pièces de verre pour figurer des éléments précieux ou des détails si petits qu’ils auraient été noyés dans le réseau de plombs.
Carlos Molina Crichton, président de la fondation Centro Latinoamericano del Vitral, vient de faire récemment une découverte qui intéresse vivement le vitrail français. Dans l’ancienne villa qui est aujourd’hui occupée par le siège de l’école Mariano de Schoenstatt, il a identifié un ensemble de sept verrières civiles, dont l’une est signée « Gaudin. Paris. 1905 ».
par Jean-François Luneau, conservateur général du patrimoine, Centre André Chastel
Dans son article incontournable « Petite histoire des verrières de protection », Isabelle Pallot-Frossard publie un tableau des Principaux édifices équipés de verrières de protection1. Elle recense des édifices européens et dresse un bilan de l’efficacité de ces verrières. Elle met également en avant l’existence de proto-verrières de protection, posées majoritairement au XIXe siècle, notamment en Italie et en Grande-Bretagne.
Un peintre, peintre verrier, chef d’entreprise rémois aux Salons et aux Expositions parisiennes et internationales
par Marie Savoldelli, titulaire d’un master 2 en histoire de l’art, lauréate du Prix Hubert Claisse (2022) décerné par l’Académie nationale de Reims
En 2019 et 2020, les archives de l’atelier Simon Marq, famille de peintres verriers active à Reims depuis le XVIIe siècle, ont été offertes à la Médiathèque du patrimoine et de la photographie par les descendants Benoît Marq et Charlotte Girard Marq. Ce fonds exceptionnel contient des documents variés datant de la seconde moitié du XVIIIe siècle au début du XXIe siècle. Toutefois, le cœur de ces archives concerne en priorité Jacques Simon, qui dirigea l’atelier de 1917 à 1957 (fig. 1 et 2) et qui est surtout connu comme le sauveteur et restaurateur des vitraux de la cathédrale de Reims et de la basilique Saint-Remi lors de la Première Guerre mondiale. Devant la richesse de cette documentation, Michel Hérold, instigateur de cette donation, a proposé que cette personnalité emblématique de la famille soit le sujet des travaux de Master réalisés sous sa direction et celle de Jérémie Cerman, maître de conférences à Sorbonne Université1.
Marie Savoldelli, Jacques-Paul Simon dit Simon-Reims (1890-1974), un peintre, peintre-verrier, chef d’entreprise rémois aux Salons et expositions parisiennes et internationales, mémoire de master 1 sous la dir. de J. Cerman et M. Hérold, Paris, Sorbonne Université, 2020, 3 vol. [↩]
Histoire de la restitution d’un vitrail du XVe siècle passé dans le commerce d’art à son édifice d’origine
par Michel Hérold,conservateur général du patrimoine, président du Comité français du Corpus vitrearum
La veille exercée sur le marché de l’art par les chercheurs spécialistes du vitrail au Centre André Chastel a depuis des années prouvé son utilité. Au mois de septembre 2014, consultant le site du marchand d’art londonien Sam Fogg (fig. 1), j’ai eu la surprise d’y reconnaître un panneau de forme quadrilobée représentant le martyre de saint Sébastien (H. 54,5 cm – L. 56 cm), extrêmement proche de celui que j’avais inventorié dans le cadre de ma thèse soutenue en 1983, publié aussitôt dans le catalogue de l’exposition Le vitrail en Lorraine du XIIe au XXe siècle1 , puis en 1994 dans le volume V du Recensement des vitraux anciens de la France2.
par Michel Hérold,conservateur général du patrimoine, président du Comité français du Corpus vitrearum
Les historiens du vitrail savent bien toute l’importance des innovations techniques comme acteurs d’expressions nouvelles. À défaut d’entrainer des mutations en profondeur, les nombreuses expérimentations liées aux progrès scientifiques du XIXe siècle sont d’un grand intérêt, surtout passées entre les mains d’artistes de premier plan.
par Alix Bancarel, auteur de Dialogues et correspondances entre les arts visuels et sonores dans l’œuvre de Richard Burgsthal et de Richard Burgsthal et l’illustration, mémoires de Master 1 et de Master 2, rédigés tous deux sous la direction de Michel Hérold et de Jérémie Cerman, Sorbonne université, 2021 et 2022.
Dialogues et correspondances entre les arts visuels et sonores dans l’œuvre de Richard Burgsthal
Artiste inclassable aux multiples facettes, Richard Burgsthal (de son véritable nom René Billa) est un musicien, peintre et peintre-verrier qui expérimenta en autodidacte divers supports et techniques artistiques. Dans le cadre de notre mémoire de master, nous avons voulu retracer tout d’abord son apprentissage de la musique et le rôle déterminant de celle-ci pour son œuvre ; elle a en effet façonné sa conception de l’art et déterminé ses recherches esthétiques.